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Morningbull semaine 27 : Des jobs, des jobs et des jobs. Et puis l’inflation ?

Morningbull semaine 27 : Plus rien ne semble pouvoir arrêter les marchés boursiers et surtout les marchés américains.
juillet 5, 2021
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Morningbull semaine 27 : Des jobs, des jobs et des jobs. Et puis l’inflation ?

En ce qui concerne les marchés américains, nous avons passé la semaine à battre des records. 7 séances de hausses consécutives pour le S&P 500 et 7 fois des nouveaux records.

Plus rien ne semble pouvoir arrêter les marchés boursiers et surtout les marchés américains. Après, il faut reconnaître qu’on se concentre surtout sur le fait que l’on bat des records. Mais moins sur l’amplitude de ces derniers.

En effet, le S&P 500 a terminé tous les jours de la semaine au plus haut de tous les temps

Mais sur les 5 séances de la semaine, l’indice de référence américain n’a progressé que de 1.67%. On ne peut pas qualifier cela « d’euphorique ». Par contre, niveau marketing, c’est impressionnant. Cela donne l’impression que tout va bien et que plus rien ne pourra jamais nous arrêter tant que Powell nous soutient et tant que l’inflation reste, soi-disant, maîtrisée.

Et puis, on notera surtout qu’on a peur de l’inflation de certaines matières premières. Mais pas de celle du pétrole ni de l’emploi.

morningbull semaine 27 marchés de la semaine

Performance des marchés de la semaine– Source : Investing.com

Il y a tout de même deux choses qu’il faudra retenir de la semaine dernière

Ce sont les excellents chiffres de l’emploi, que ce soit les Non Farm Payrolls (nous y reviendrons plus loin) ou les Jobless Claims de jeudi dernier.

Des deux côtés, les résultats étaient positifs et encourageants. Il n’y a plus aucun doute dans l’esprit des investisseurs : à l’automne on peut espérer qu’on aura retrouvé les niveaux pré-pandémie. Ou en tous cas que nous serons sur le chemin pour.

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10 millions toujours sur le trottoir

Jeudi dernier, les chiffres des Jobless Claims montraient à nouveau une baisse des demandes d’allocation chômage. Non seulement par rapport aux attentes, mais aussi dans l’absolu. Il y a toujours 10 millions de personnes qui n’ont pas retrouvé de travail depuis le début de la crise. Mais on a l’impression que ça n’a aucun impact.

Est-ce que cet impact est réduit parce que dans la même période il y aurait également 10 millions de personnes qui ont décidé de devenir traders à plein temps, que ce soit en devenant membre des forum Wallstreetbets ou que ce soit en devenant crypto-traders ? Allez savoir.

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Graphique du Lumber (bois sous forme de planches) – Source : Tradingview.com

Toujours est-il que les chiffres de l’emploi sont bons

Et comme nous n’avons visiblement aucune crainte que cela puisse nous mener à une inflation durable, les intervenants ont tendance à accueillir cela comme une excellente nouvelle pour les indices. Tout semble se passer pour le mieux, pour le moment en tout cas.

Cela semble très clair : s’il y a plus d’emploi, il n’y a pas de craintes inflationnistes

En revanche, si les matières premières prennent l’ascenseur, alors là nous serons inquiets. La bonne nouvelle c’est qu’après avoir atteint un pic dans le courant du mois de mai, les matières premières sont revenues à des niveaux plus raisonnables. Bien que si l’on observe les performances des matières premières depuis un an, la hausse reste spectaculaire. Même si dans l’esprit de base de l’investisseur de base, nous avons pris conscience de la hausse de ces dernières uniquement à la fin du mois d’avril.

Alors soit, depuis deux mois ça ne fait que baisser

Mais sur un an, les performances restent tout de même importantes et vont inévitablement avoir un impact sur les prix à moyen terme. Powell pense que ça ne sera que transitoire. Espérons qu’il ait raison sinon la réalité pourrait faire très mal lorsque la FED devra se dépêcher de monter les taux pour empêcher l’inflation galopante de prendre le pouvoir aux USA.

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Performance des Matières Premières sur un an – Source : Investing.com

Sur le tableau ci-dessus, observez la performance du porc (lean hog) ou même du café, sans parler du cuivre ou du sucre.

Pour l’anecdote, hier je suis allé dans un magasin de barbecues

Le vendeur me disait que sur certains modèles, il y avait des augmentations de prix et des délais monstrueux supplémentaires rien qu’à cause de l’augmentation du prix de l’acier. Par ailleurs, les voitures d’occasion prennent l’ascenseur. Parce que les délais sur les neuves sont trop longs et qu’elles sont sous-équipées à cause du « shortage » des semi-conducteurs. Et le prix de l’immobilier prend l’ascenseur à toute vitesse, sans que personne ne soit plus choqué que ça.

Enfin bref, ça n’est pas grave. Puisque Powell nous dit que c’est transitoire

Surtout tant que l’on continue à le croire. Mais le plus intéressant dans tout cela, c’est que dans le classement des matières premières qui cartonnent le plus, nous avons tout ce qui touche aux hydrocarbures. Oui, le baril s’envole. L’an dernier, alors que nous pouvions observer le baril en dessous de zéro, plus personne n’en voulait et cette année, l’or noir est redevenu le symbole d’une économie florissante. Dopée aux amphétamines des banques centrales et gouvernementales, mais florissante quand même.

Lucas Marchand transparence
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Le retour de l’or noir – bonne nouvelle avant que ça soit moins bon

Ce qui est intéressant avec le pétrole, c’est la perception que nous en avons. Il est clair qu’il y a un impact direct sur l’inflation des prix ; il suffit simplement d’observer ce qui se passe à la pompe et ce que vous coûte le plein de votre véhicule au fur et à mesure des semaines. Mais il y a toujours une phase, avant que l’on parle d’inflation, où l’investisseur et l’économiste estiment que la hausse du baril n’est que le reflet d’une économie qui cartonne.

En effet, lorsque les gens sortent, roulent, consomment et prennent l’avion, le pétrole est impacté

Impacté parce que vous faites le plein plus souvent, impacté parce que vous consommez plus et les camions qui livrent les biens doivent également faire plus souvent le plein. Et quand les avions décollent à un rythme effréné parce que tout le monde voyage, je n’ai pas besoin de vous faire un dessin pour vous dire ce qu’ils mettent dans leurs réservoirs. Même si ça n’est pas du pétrole brut, le JET A1 reste un dérivé du pétrole. Je ne vous parle même pas des bateaux qui recommencent à naviguer pour nous livrer tous les produits que nous commandons à l’autre bout de la planète.

À ce stade-là, il est inutile de vous dire qu’il y a réellement un impact sur le prix du baril. Impact que l’on perçoit nettement comme une bonne nouvelle parce que « l’économie repart »….

morningbull semaine 27 cours du pétrole

Graphique du Pétrole (WTI)– Source : Tradingview.com

La semaine dernière, le baril a pratiquement retrouvé ses niveaux d’octobre 2018

En cas de cassure des 76$, la porte sera ouverte pour un retour sur les 85$, puis les 100$. Tout cela semble être une bonne nouvelle pour cette économie qui redémarre. Sans compter que l’OPEP ne semble pas pressé de rouvrir les robinets de l’or noir.

Une mise en garde cependant ; un matin on va se rendre compte que lorsque le pétrole monte trop vite, l’inflation va inévitablement se réveiller. Et tout va se jouer sur la frontière très délicate entre « la hausse du pétrole est un signe de bonne santé économique » et « la hausse du pétrole est un risque inflationniste majeur qui pourrait mener à une hausse des taux plus rapide que prévue par la FED ».

Je reste personnellement persuadé que le pétrole va monter encore un bon bout

Mais que lorsque cela commencera à nous faire peur, il pourrait y avoir des conséquences sur le reste du marché et de l’économie. L’urgence de s’en inquiéter n’est pas à nos portes, mais gardons-le en tête tout de même.

Faisons le point sur les Non Farm Payrolls de vendredi

Rapport de juin sur l'emploi :

  • L'économie ajoute 850 000 emplois, le taux de chômage remonte à 5,9 %.

L'économie américaine a donc créé des emplois pour un sixième mois consécutif en juin, la croissance de l'emploi s'accélérant parallèlement à la réouverture de l'économie. Le département du travail américain a publié son rapport sur l'emploi de juin vendredi dernier à 14h30. Voici ce qu’il en ressort :

  • 850 000 emplois créés contre 720 000 attendus et 583 000 révisés à la hausse en mai.
  • Taux de chômage : 5,9 % contre 5,6 % attendus et 5,8 % en mai.
  • Salaire horaire moyen, en glissement mensuel : 0,3% contre 0,3% prévu et 0,4% révisé à la baisse en mai.
  • Salaire horaire moyen, en glissement annuel : 3,6% contre 3,6% prévu et 1,9% révisé à la baisse en mai.

"Il s'agit d'un progrès historique qui a permis à notre économie de sortir de la pire crise depuis 100 ans. Grâce notamment aux progrès spectaculaires que nous avons accomplis en vaccinant notre nation et en repoussant la pandémie", a déclaré le président Joe Biden dans ses remarques au public vendredi matin. "Aujourd'hui, les États-Unis sont la seule grande économie avancée où les projections de l'OCDE sur la production future sont plus élevées aujourd'hui qu'elles ne l'étaient en janvier 2020, avant que la pandémie ne frappe."

En théorie.

C’est assez logiquement que les plus grosses progressions en juin ont été enregistrées dans les secteurs des loisirs et de l'hôtellerie

Qui ont été les plus durement touchés aux premiers stades de la pandémie. Ces secteurs ont créé 343 000 emplois en juin, après une hausse de 306 000 en mai. Toutefois, le déficit de main-d'œuvre dans ces secteurs, les loisirs et l'hôtellerie ayant encore perdu 2,4 millions d'emplois par rapport aux niveaux de février 2020, représente la majorité des quelque 6,8 millions d'emplois d’avant la pandémie que l'économie doit encore récupérer.

D'autres secteurs ont également enregistré une forte progression de l'emploi en juin

Dans le secteur des services, le commerce de détail a créé 67 100 emplois, soit plus du double de la hausse enregistrée en mai. Et les services professionnels et commerciaux ont également doublé leur nombre d'emplois par rapport au mois précédent, pour atteindre 72 000. Dans le secteur de la production de biens, la croissance de l'emploi dans l'industrie manufacturière a ralenti plus que prévu, avec une hausse de 15 000 emplois après un gain de 39 000 en mai. Les emplois dans le secteur public ont explosé en juin, avec une augmentation de 188 000 emplois dans l'administration.

On retiendra donc que les choses semblent aller de mieux en mieux aux USA et que pour l’instant, les craintes inflationnistes restent à bonne distance. Je dis bien : pour l’instant.

La semaine qui nous attend sera principalement centrée sur l’inflation

Il y aura les minutes du dernier meeting de la Fed et celles de la BCE, ainsi que les dernières données sur l'inflation en Chine. La semaine qui suit le rapport sur l'emploi aux États-Unis est généralement l'une des plus légères du mois en termes de rapports économiques. La semaine qui arrive ne fait pas exception.

Cela dit, la semaine comporte une publication importante qui risque de perturber le marché :

  • Le compte-rendu de la réunion de juin de la Réserve fédérale

Réunion au cours de laquelle les responsables ont ouvert le débat sur la manière de mettre fin à l'achat d'obligations de l'ère de la crise et ont signalé que les hausses des taux d'intérêt étaient plus proches de l'horizon que prévu.

Les minutes de la FED mettront en lumière l’état de la division entre les 18 membres votants de la banque centrale américaine Quatre indicateurs de ce à quoi il faut s'attendre :

L'inflation : Alors que l'inflation dépasse l'objectif de 2 % fixé par la Fed, quelle est la tolérance des responsables vis-à-vis de ce dépassement ?

L'emploi : Certains responsables politiques vont-ils défendre la théorie selon laquelle un retour pur et simple aux niveaux d'emploi d'avant le COVID est improbable, ce qui soulève des questions quant à leur objectif d'"emploi maximum" ?

La réduction progressive de rachats obligataires : Le débat sur l'abaissement des taux est en cours. La question est de savoir quand et à quelle vitesse ils commenceront à réduire leurs achats de 80 milliards de dollars par mois de bons du Trésor et de 40 milliards de dollars de titres adossés à des créances hypothécaires.

Taux d'intérêt : Le débat s'oriente-t-il vers un mouvement anticipé ? Lors de la réunion de juin, les projections des membres du FOMC ont fait passer l'attente médiane d'une première hausse des taux de 2024 à 2023, et une minorité importante de membres a encerclé 2022 pour la première hausse. On en parle depuis des mois, mais pour l’instant Powell aura réussi à nous réconforter. Pour combien de temps encore ?

Passez une excellente semaine et on se retrouve pour un nouveau point hebdomadaire lundi prochain.

Thomas Veillet

Envie d'en savoir plus sur l'inflation et ses conséquences 

Avant d'approfondir ce sujet précisément, Lucas Marchand, directeur de Vauban editions, vous propose de découvrir les 5 règles d'or de la bourse pour vous permettre d'atteindre vos objectifs financiers.
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