Le Billet de Thomas Veillet – 13 Mars 2023

sp 500 13 mars

Et soudain, en toi le doute s’immisça

 

Sommaire du billet :

 

Cher investisseur,

 

Il y a un moment que je ne comprends plus vraiment nos horizons de réflexion. Cela fait plusieurs mois que la valse de la hausse des taux, tout comme les éventuelles craintes d’une possible récession – régulièrement démentie – sclérose complètement les marchés et, par moment, on a l’impression que l’on ne sait plus quoi faire.

Autant depuis plusieurs mois les investisseurs s’étaient fait un plan de marche et s’étaient soudainement trouvé des allures de Warren Buffet, revendiquant l’investissement long terme pour ne plus changer d’avis comme de chemise. Autant, depuis quelques jours et cette semaine tout particulièrement, les intervenants sont passés du côté trader et ont décidé de faire tout et n’importe quoi en fonction des nouvelles du jour. Et c’est exactement ce que l’on a fait. Tout et n’importe quoi, c’est même carrément ce qui résume le mieux la semaine qui s’est terminée.

marche bourse 13 mars 2023

Performance des indices – Source : Investing.com

 

Complètement débile

Nous sommes déjà dans la dixième semaine de cette année 2023 et par moment, nous aurions pu croire que le marché avait atteint une certaine maturité, mais que nenni. Nous sommes toujours aussi indécis et ces 5 derniers jours de bourse l’ont démontré plus que jamais. Je crois sincèrement que si l’on pouvait extraire de l’énergie de toutes ces tergiversations de marché, nous pourrions nous passer du nucléaire, du solaire ainsi que des énergies fossiles.

Je crois qu’il n’y a pas eu deux jours de suite où nous avons été capable de danser sur le même pied. Chaque jour de la semaine aura été « drivé » par une nouvelle théorie qui devenait soudainement « LA NOUVELLE STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT DU MOMENT ». Stratégie qui durait en général un peu moins de 24 heures. Entre les déclarations de Monsieur Powell qui nous ont remis le doute dans nos esprits, les chiffres du chômage, les chiffres de l’emploi et « l’affaire SVB », je crois que l’on peut dire que nous sommes passés par tous les états et que l’on frise le grand n’importe quoi.

 

Mais commençons par le début.

Lundi nous avons vécu une séance qui était à peu près aussi intéressante qu’un match de foot de première division en Suisse (et croyez-moi, je sais de quoi je parle). Personne n’osait faire le moindre geste parce que mardi Powell devait parler devant le Congrès pour expliquer sa vision de la gestion de la crise de l’inflation. Allait-il monter les taux plus fort et plus violemment, histoire de calmer cette satanée inflation qui commence à avoir une vie propre et qui, comme un adolescent qui réclame sa liberté, nous fait vivre un enfer. Ou allait-il se contenter de rester sur sa ligne directrice que le marché décrivait par encore trois hausses de taux supplémentaires d’ici l’été. Des hausses de taux homéopathique de 0.25%, bien sûr.

Eh bien, comme d’habitude, Powell n’a rien de très précis, mais ses mots ont été largement interprétés.

Lors de la première partie de la déclaration de mardi dernier, le patron de la FED nous a dit que :

« La FED était prête à accélérer le rythme de ses hausses des taux si cela était rendu nécessaire par les données macroéconomiques »

Aujourd’hui, la FED vient de nous monter les taux de 0.25%, nous avons donc pris l’habitude de voir monter les taux de 0.25% à chaque meeting de la FED. D’ailleurs, il y a encore 24 heures, les sondages disaient que 69% des experts s’attendaient à une hausse de 0.25%. Sauf que Powell nous a donc annoncé être prêt à accélérer le rythme. En résumé, ça veut dire que si l’inflation ne se calme pas dans les jours qui viennent. La FED montera les taux de 0.5% lors du prochain meeting.

Et comme par hasard, en écoutant ces mots, le sondage des experts à Wall Street s’est inversé et dorénavant, c’est 65% des experts qui annoncent une hausse de 0.5%. Oui parce qu’on voit assez mal quel chiffre pourrait faire balancer le cœur de Powell. Et c’est la seconde partie de la phrase – « si cela était rendu nécessaire par les données macroéconomiques » – en gros, pour le moment on sait que l’emploi est super-fort – que le CPI et le PPI ne baissent plus autant que prévu, que les révisions des anciens CPI’s montrent même que par moment, ça monte et le PCE est carrément en hausse. D’ici le prochain meeting de la FED – le 21 et le 22 mars – nous aurons encore le CPI le 14 mars, le PPI le 15 mars et les non farm payrolls qui sortiront vendredi. Le prochain PCE qui est dorénavant la mesure de référence de la FED, sortira le 31 mars. Trop tard. C’est donc ces trois chiffres qui feront la différence entre 0.25% et 0.5%. Restait donc plus qu’à attendre vendredi pour les NFP !!!

Lors de la seconde partie de la déclaration, Monsieur Powell nous dit que :

« La solidité de l’économie suggère en effet que le taux final des Fed Funds sera « probablement » supérieur à ce qui était anticipé dans la mesure où l’inflation s’est certes modérée, mais que la suite s’annonce chaotique et compliquée »

Et c’est là que ça se complique.

En gros, il nous dit que l’économie est trop forte et que pour contrer l’économie qui est trop forte et l’emploi qui rigole, il va devoir monter les taux encore et encore, mais plus haut que précédemment anticipé. On est donc en train de parler de 5.6% selon les paris de ce matin et selon les médias financiers. Avant on pensait à 5% – bien que ça soit un secret de polichinelle et que depuis longtemps, nous nous attendions à pire. Mais hier on a quand même joué l’effet surprise…

Ensuite on parle de l’inflation. L’inflation qui a baissé depuis l’été dernier, mais l’inflation qui refuse de baisser actuellement. Et donc, va falloir se battre pour la ramener à la raison et le combat passera par les taux. Powell ne lâchera pas le morceau et il continuera à utiliser la seule arme qu’il a à sa disposition : les hausses de taux. En concluant avec « la suite s’annonce chaotique », le message est clair : il n’en sait rien et il vole à vue.

 

Est-ce que l’on est surpris ? En tous les cas on ne devrait pas

Comme nous avions décidé de nous voiler la face avec les chiffres de l’inflation depuis des semaines, il est clair que l’annonce de mardi nous a fait froid dans le dos et soudainement, le doute nous assaillait. Les marchés ont donc soudainement pris conscience que les choses n’étaient pas aussi simples, que la lutte contre l’inflation n’était pas un long fleuve tranquille et que ceux qui pensaient que la baisse des taux, c’était pour bientôt… sont en train de se taper la tête contre les murs.

Nous sommes dans un nouveau monde. Les taux vont continuer à monter et peut-être même plus qu’avant et même plus haut. À moins que les prochains chiffres nous rassurent. Il faut tout de même reconnaître que nous sommes à un niveau de jeu très élevé. J’ai presque l’impression de me retrouver l’été dernier lorsque l’on attendait que la FED pivote. Actuellement, nous sommes en train de digérer les choses, mais on se dit déjà que « si les chiffres économiques ne sont pas trop mauvais, ça pourrait le faire ». Encore une fois, la résilience dont fait preuve ce marché est stupéfiante. À partir de cet instant, tout le monde attendait les chiffres de l’emploi de vendredi pour savoir si « par le plus grand des hasards, les NFP ne démontreraient pas que l’emploi se calme et que du coup, Powell ne monterait pas les taux autant que prévu hier soir ». Pour faire simple, nous sommes comme Powell, on vole à vue. Sauf que nous – en plus- nous sommes en plein brouillard, ce qui fait que nous avons perdu nos références et que l’on est incapable de savoir si on vole la tête en bas ou la tête en haut.

sp 500 13 marsGraphique du S&P500 – Source : Tradingview

 

Petit point graphique sur le S&P500 en fin de semaine. Après tout ce qui nous est arrivé cette semaine, la déception de la FED et l’effondrement de SVB, l’indice S&P500 a souffert et il n’est pas le seul. Mais dans ce cas précis, on pourra noter trois points importants.

Point numéro un : L’indice a cassé la tendance haussière dans laquelle nous sommes depuis le mois d’octobre.

Point numéro deux : L’indice a réintégré la tendance baissière dans laquelle nous étions depuis fin 2021.

Point numéro trois : La moyenne mobile des 200 jours a été cassée à la baisse.

Conclusion, là tout de suite, s’il ne se passe pas quelque chose qui nous remotive pour venir « acheter sur faiblesse », ça ne sera pas simple de rebondir et le risque maximum se situe environ 700 points plus bas – sur les bas de la tendance baissière de 16 mois.

 

Après Powell

Dans la foulée des témoignages de Powell qui ont eu lieu mardi et mercredi dernier, les marchés se sont mis en mode PLS et l’on se devait de trouver une nouvelle motivation pour y croire à nouveau. Cette motivation est arrivée jeudi en fin de journée, puisque soudainement, nous avons pu fixer notre joie et notre envie les Jobless Claims. Alors en général, quand nous sommes préoccupés par autre chose, on se fout totalement des Jobless Claims – autrement dit : les nouvelles inscriptions au chômage – il faut dire que depuis plus de 8 semaines, ces chiffres nous montrent que de moins en moins de gens s’inscrivent au chômage et que cela signifie que tout va bien dans le monde de l’emploi et que ceux qui vont au chômage n’y restent pas longtemps. Tellement peu de temps qu’ils n’ont même pas besoin d’aller pointer.

Jeudi dernier, pour la première fois depuis plusieurs mois, les chiffres étaient plus importants que prévu. Alors les esprits chagrins viendront nous dire que c’est sûrement parce que les analystes, à force d’être faux, ont tellement corrigé leurs attentes à la baisse, que finalement, c’était plus fort que prévu. Mais on ne va pas s’attarder sur ça – le marché ne l’a pas fait en tous les cas – et nous avons vécu un petit bout de séance positive parce que l’on s’est dit assez rationnellement, que si les demandes d’allocations chômage augmentaient, c’était que l’emploi ralentissait et que, potentiellement la FED pourrait éventuellement peut-être moins monter les taux en mars. C’est ce que l’on appelle – en anglais – du « wishful thinking », en gros de la pensée positive. Quand on se met à la méthode Coué en termes d’investissements c’est que l’on est clairement désespéré.

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Graphique du Nasdaq – Source : Tradingview.com

 

Point technique sur le Nasdaq

Contrairement au S&P500, le Nasdaq n’a pas encore réintégré la tendance baissière, mais il a cassé la moyenne mobile des 200 jours et le test de la moyenne mobile des 50 jours sera crucial pour l’indice technologique qui a beaucoup souffert ces derniers temps. Un mauvais début de semaine pourrait emmener l’indice dans des endroits où l’on ne préfèrerait pas le voir. En cas de faiblesse excessive – rappelons que les hausses de taux ne sont pas bonnes pour les technos – un retour en direction des 10’700 n’est pas à exclure.

 

Vendredi maudit

Après avoir eu une éclaircie grâce aux chiffres des Jobless Claims, tout s’est précipité avec « l’affaire de la semaine » : l’effondrement de SVB.

Jeudi soir nous avons donc appris que la Banque SVB était en grande difficulté et que ça pourrait assez mal se terminer. On parlait déjà de contagion aux autres banques et les plus anciens se souvenaient déjà de la crise des Subprimes et des banques qui tombaient comme des mouches. La Silicon Valley Bank est l’une des plus anciennes et des plus grandes banques de la vallée des technologies – la Silicon Valley. Elle se concentre principalement sur les prêts aux entreprises technologiques et fournit de multiples services aux sociétés de capital-risque et de capital-investissement qui investissent dans les technologies et les biotechnologies.

Sauf que depuis jeudi, elle est au plus mal et que vendredi, les autorités américaines ont fermé la société. Faisons donc le point sur ce nouvel événement qui n’avait pas été prévu par les marchés.

Les régulateurs avaient averti depuis longtemps que la fin des taux d’intérêt très bas pourrait provoquer des crises soudaines dans des endroits inattendus de la finance mondiale. Ainsi, lorsque la Silicon Valley Bank (SVB) a fait faillite en raison d’un manque de financement, les investisseurs se sont demandés si sa situation n’était pas le signe avant-coureur d’un problème plus vaste. Les grandes banques sont bien mieux capitalisées qu’elles ne l’étaient avant la crise financière mondiale, et les dépôts de la SVB étaient exceptionnellement concentrés dans des startups financées par des capitaux à risque. Mais la chute des actions bancaires qui a suivi les déboires de la SVB reflétait la crainte que les effets d’entraînement des hausses de taux d’intérêt n’affectent au moins les prêteurs les plus vulnérables.

 

1. Que s’est-il passé pour SVB ?

En tant que seule banque cotée en bourse axée sur la Silicon Valley et les nouvelles entreprises technologiques, SVB était profondément ancrée dans la scène des start-ups américaines. Selon son site web, elle a fait des affaires avec près de la moitié des startups américaines financées par du capital-risque et avec 44 % des entreprises technologiques et de santé financées par du capital-risque qui sont entrées en bourse l’année dernière. Son site web mentionne Shopify, la société de capital-risque Andreessen Horowitz et la société de cybersécurité CrowdStrike Holdings parmi ses clients. Le 8 mars, sa société mère, SVB Financial Group, a annoncé qu’elle avait vendu pour 21 milliards de dollars de titres de son portefeuille, avec une perte de 1,8 milliard de dollars, et qu’elle vendrait pour 2,25 milliards de dollars d’actions nouvelles afin d’assainir ses finances. Cette annonce a suscité l’inquiétude d’un certain nombre de grands investisseurs. Le 10 mars, les efforts pour lever de nouveaux capitaux ou trouver un acheteur ont été abandonnés et la banque a été placée sous séquestre par la Federal Deposit Insurance Corp.

svb 13 marsGraphique de SVB Financial Group – Source : Tradingview.com

 

2. Qu’est-ce que cela signifie pour la SVB et ses clients ?

La FDIC a indiqué qu’elle avait créé une nouvelle banque, la Deposit Insurance National Bank of Santa Clara, pour détenir les actifs de la SVB. Elle a précisé que les déposants assurés – ceux dont les comptes ne dépassent pas 250 000 dollars – auraient accès à leur argent d’ici au 13 mars. La mise sous séquestre signifie généralement que les dépôts d’une banque seront pris en charge par une autre banque saine, ou que la FDIC paiera les déposants jusqu’à concurrence du plafond assuré. En règle générale, la FDIC vend les actifs d’une banque en faillite à d’autres institutions financières et paie les déposants non assurés à partir de ce produit. Les déposants non assurés recevront un certificat de mise sous séquestre pour le montant restant de leurs fonds non assurés, a déclaré l’autorité de régulation, ajoutant qu’elle ne connaissait pas encore ce montant.

 

3. SVB pourrait-elle se faire racheter ?

Il n’y a aucune garantie, mais c’est possible. Une transaction pourrait impliquer la vente des actifs de l’entreprise de manière fragmentaire ou globale, citant une personne au fait du dossier qui a déclaré que l’objectif était de conclure un accord d’ici lundi.

 

4. Pourquoi la SVB était soudainement si vulnérable ?

Plusieurs facteurs se sont conjugués pour provoquer cette nouvelle catastrophe. Certains d’entre eux sont propres à la SVB, tandis que d’autres sont la source d’inquiétudes plus générales dans le secteur bancaire. La plupart d’entre eux sont liés aux hausses rapides des taux d’intérêt décidées l’année dernière par la Réserve fédérale américaine pour maîtriser l’inflation la plus élevée depuis des décennies. L’une des conséquences de ces hausses, qui a touché SVB de plein fouet, a été le ralentissement brutal des entreprises technologiques de haut vol qui avaient été à l’origine de sa croissance rapide ; la plupart des banques ont des bases de clientèle plus larges. Lorsque le capital-risque s’est tari, les clients de la SVB ont puisé dans leurs dépôts pour retirer l’argent dont ils avaient besoin pour poursuivre leur activité.

 

5. Quid de la suite

Pour faire face à la vague de retraits, la SVB a dû vendre des actifs, notamment des obligations qui avaient perdu une grande partie de leur valeur. Cela a entraîné des pertes de 1,8 milliard de dollars qui n’auraient pas été inscrites au bilan de la banque si les obligations avaient été conservées jusqu’à leur échéance. Ici aussi, la structure de financement de la SVB l’a rendue particulièrement vulnérable. Tous les prêteurs américains placent une grande partie de leur argent dans des bons du Trésor et d’autres obligations, et les hausses de la Fed ont rendu ces obligations moins intéressantes en raison de leurs faibles rendements. Mais la SVB est passée à un autre niveau : Son portefeuille d’investissement avait atteint plus de la moitié de ses actifs totaux, ce qui était largement supérieur à la norme.

 

6. Contagion or not contagion ?

D’une part, les problèmes de SVB ont coïncidé avec la fermeture abrupte de Silvergate Capital Corp, bien que les deux cas ne soient pas liés. Dans le cas de Silvergate, il s’agissait d’une ruée sur les dépôts qui a commencé l’année dernière, lorsque les clients – principalement des entreprises de crypto-monnaie – ont retiré des liquidités pour faire face à l’effondrement de la bourse d’échange d’actifs numériques FTX. Mais les retraits ont entraîné des ventes d’actifs qui ont bloqué les pertes, comme cela s’est produit avec SVB, ce qui a conduit Silvergate à annoncer son intention de mettre fin à ses activités et de liquider. Il y a donc clairement un risque de contagion si les clients décident de retirer leur argent des banques locales, mais on dirait que – pour le moment – le risque est surtout sur les banques locales, plus fragiles que les gigantesques banques internationales. Néanmoins, vendredi dernier tout le secteur bancaire en a pris pour son grade et s’il n’y a pas de solution qui est trouvée ce week-end, ça n’est pas certain que cela se termine.

etf finance 13 mars 2023Graphique du XLF – ETF Financières US – Source : Tradingview.com

 

7. Quelqu’un l’a-t-il vu venir ?

L’impact de la hausse des taux sur les bilans des banques suscite de plus en plus d’inquiétudes. Si la hausse des taux stimule les revenus des banques, à court terme, elle les oblige également à réduire la valeur des actifs qu’elles détiennent. Au total, les banques américaines ont enregistré 620 milliards de dollars de pertes non réalisées sur leurs créances disponibles à la vente et détenues jusqu’à l’échéance à la fin de l’année dernière, d’après les documents déposés auprès de la FDIC. L’agence a noté en mars que ces pertes sur papier « réduisaient de manière significative les fonds propres déclarés du secteur bancaire ». Pour être franc, et pour répondre simplement à la question du début du paragraphe : NON, personne ne l’a vu venir. On espère tout simplement que nous ne sommes pas dans le même scénario que pour les « Subprimes » d’il y a une quinzaine d’années. Heureusement, les banques sont mieux capitalisées, mais nous ne sommes pas à l’abri d’un dérapage.

us 1 an 13 marsGraphique du rendement du 1 ans américain – Source : Tradingview.com

 

Finalement les chiffres de l’emploi étaient presque une bonne nouvelle

L’économie américaine a créé 311’000 emplois en février, soit plus que les 215’000 attendus, mais moins que le résultat de janvier, révisé à la baisse à 504 000 emplois. Le taux de chômage est passé à 3,6 % et les salaires ont augmenté de 4,6 % d’une année sur l’autre. Il ne fait aucun doute que les données de vendredi nous rappellent que le marché de l’emploi reste tendu, mais certains investisseurs pourraient être capables de voir le verre à moitié plein et de se dire que les choses vont vers le mieux… Mais il faut vraiment avoir l’esprit très très optimiste.

D’ores et déjà, les marchés obligataires reflètent une probabilité légèrement réduite que la Fed relève le taux des fonds fédéraux d’un demi-point de pourcentage, plutôt que d’un quart de point, ce mois-ci. Le marché des contrats à terme sur les fonds fédéraux reflète une probabilité de 44 % que la Fed augmente d’un demi-point, contre environ 60 % avant le rapport sur l’emploi. Je l’ai déjà dit, mais ce marché fait preuve d’une résilience inouïe !!! – Pourvu que ça dure…

 

Bilan de la semaine et semaine à venir

Si l’on fait le bilan de la semaine, ça n’est pas très sexy. La plupart des classes d’actif sont en baisse, la volatilité remonte alors que tout le monde veut se protéger, les graphiques ne sont pas beaux et il y a de quoi avoir envie de prendre des vacances pour la semaine qui arrive.

 

Points principaux de la semaine

Nous obtiendrons les derniers chiffres de l’inflation la semaine prochaine, en commençant par l’indice des prix à la consommation pour février mardi, suivi de l’indice des prix à la production mercredi.

Mercredi également, le Bureau du recensement américain publiera les derniers chiffres des ventes au détail, indiquant si les dépenses de consommation se sont maintenues le mois dernier.

Les mises à jour du marché du logement comprendront les permis de construire et les mises en chantier pour février, ainsi que l’indice du marché du logement de la NAHB.

Vendredi, nous aurons les derniers chiffres de la production industrielle, ainsi que la lecture préliminaire de l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan pour le mois de mars.

Sans oublier la BCE qui devrait monter les taux ce jeudi.

 

Showtime pour l’inflation !

Les derniers rapports sur l’inflation aux États-Unis seront publiés la semaine prochaine avec l’indice des prix à la consommation (CPI) pour le mois de février, attendu mardi. Les prix à la consommation mesurés auront probablement augmenté de 0,4% le mois dernier, après une hausse de 0,5% en janvier. Sur une base annuelle, les prix devraient avoir augmenté de 6,2%, soit une légère décélération par rapport au taux de 6,4% enregistré en janvier.

L’indice des prix à la production (PPI), qui suit l’inflation du point de vue des fabricants de biens et des grossistes, suivra mercredi. Les prix à la production devraient avoir augmenté de 0,3% le mois dernier, après une hausse plus forte que prévu de 0,7% en janvier. Sur une base annuelle, ils auront probablement augmenté de 5,7 %, ce qui représente un ralentissement par rapport à la hausse de 6 % enregistrée en janvier et par rapport au record de 11,7 % atteint en mars de l’année dernière. Et puis ensuite, on s’inquiètera tous du PCE qui sortira plus tard. Mais si le CPI et le PPI sont encore plus forts, ça risque d’être chaud.

 

Publication des ventes au détail

Mercredi également, le Bureau du recensement américain publiera les chiffres des ventes au détail pour février, indiquant comment les dépenses de consommation se sont maintenues le mois dernier. Les ventes au détail, qui ne sont pas ajustées en fonction de l’inflation, ont probablement augmenté de 0,2 % le mois dernier, après avoir bondi de 3 % en janvier. Malgré le ralentissement de l’économie, les dépenses de consommation ont bien résisté en raison de l’augmentation des salaires nominaux, de l’étroitesse du marché du travail et de l’épargne excédentaire accumulée au début de la pandémie, qui ont permis d’amortir le pouvoir d’achat des consommateurs.

 

La confiance des consommateurs

Vendredi, l’Université du Michigan publiera la lecture préliminaire de mars de son indice de confiance des consommateurs, fournissant une mise à jour de la confiance des consommateurs aux États-Unis. La lecture de l’indice devrait augmenter à 67,5 par rapport à 67 en février, ce qui marquerait la lecture la plus élevée depuis décembre 2021. Le moral des consommateurs a rebondi au cours des derniers mois après avoir atteint un niveau historiquement bas de 50 en juin de l’année dernière, ce qui a dépassé les niveaux records atteints pendant la Grande Récession et l’ère stagflationniste des années 1970 et du début des années 1980. Reste à voir comment le consommateur va gérer ça avec le marché immobilier qui donne des signes de faiblesse, les taux hypothécaires qui explosent et certaines banques qui font de même.

À noter encore que les USA passent à l’heure d’été dès aujourd’hui et que pendant deux semaines, les marchés américains ouvriront à 14h30 et non à 15h30.

Passez une excellente semaine !

Thomas Veillet,

Rédacteur en chef, Morningbull et Morningbull Plus

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