Crise sanitaire

Avec la crise sanitaire, la semaine dernière c’était moche et là ça sera pire

Avec cette crise sanitaire, nous vivons clairement une période plus qu’étrange. La pandémie qui nous occupe n’y est pas pour rien, évidemment, mais lorsque l’on regarde tout cela du point de vue des marchés financiers, c’est encore pire.

Si vous me lisez depuis un moment, vous savez que les bourses ont besoin de stabilité, de certitudes et si possible de confiance. Inutile de vous dire que ce que nous vivons aujourd’hui est l’exact opposé de ce que l’on aimerait voir et de ce que l’on aurait besoin d’avoir.

Il suffit de se poser devant un écran de trading pendant une heure pour se rendre compte que ce que l’on vit est totalement irréel. Sauf que c’est tristement réel. La volatilité a atteint des niveaux que l’on n’a plus vu. Et ceci, depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008, et à voir comment la semaine commence, cela risque d’être bien pire.

Circuits Breakers en folie à cause de cette crise sanitaire

Pour donner un ordre d’idée, chaque fois que l’indice américain bouge de plus de 7% à la baisse, le marché est fermé pour 15 minutes. Afin de permettre aux intervenants de se poser calmement et de réfléchir à ce qui est en train de se passer. Si la vente précipitée continue, on va réenclencher le processus à -13% – pour 15 minutes également. Si on atteint le -20%, cette fois le marché fermera automatiquement pour le reste de la journée.


Rien que la semaine qui vient de s’écouler, nous avons vu la mise en place des circuits-breakers 5 jours sur 6. Autant vous dire que nous sommes en plein délire et que plus personne n’est capable de réfléchir. Par ailleurs, ces 15 minutes, n’est plus assez pour méditer et se dire que, peut-être, nous allons quand même survivre. Cette crise sanitaire est en train de se transformer en crise économique.

Paris sur l’avenir

Oui, parce que contrairement à ce que l’on croit, les marchés sont plus concernés par ce qui se passera après que par ce qui se passe maintenant. Que ce soit dans nos hôpitaux et dans les cabinets de nos gouvernements.

Le monde merveilleux de la finance est en train de se poser des questions sur la suite et la suite. C’est la récession qui vient une fois que nous aurons réussi à virer ce virus de nos vies.

Et c’est là que ça se complique. La visibilité que nous offre le marché est à peu près aussi clair et transparente que le brouillard de Londres en plein mois d’octobre. Bien malin qui pourrait dire quand est-ce que nous reprendrons une vie normale. Bien malin qui pourrait prédire quand est-ce que l’économie retrouvera son rythme et sa croissance récente. Mais aussi, bien malin qui pourra dire quand est-ce que les gens referont la queue dans les magasins pour acheter un smartphone et pas 28 kilos de papier toilette.

Une crise sanitaire qui apporte l’incertitude

Et comme je le disais plus haut, s’il y a un truc que les marchés n’aiment pas, c’est l’incertitude. D’ailleurs, nous sommes en plein dedans jusqu’au cou. Et c’est donc principalement cette raison qui donne lieu à des journées de trading complètement folles qui n’ont plus aucun sens rationnellement parlant.

Les analystes et autres experts en finance et en économie sont tous en train de mettre en place des feuilles de calcul. Des formules longues comme le bras sur leurs tableurs excel avec pour but de « deviner » l’impact de cette crise. Mais aussi pour trouver exactement la date de la reprise et le PIB du Burkina Fasso au passage.

Pour résumer, nous sommes en train d’essayer de résoudre un puzzle de 5’000 pièces qui représente le ciel bleu dans une pièce sans lumière.

Une semaine d’enfer (encore)

Performance des marchés –source : Investing.com


Pas besoin d’en dire plus ; nous sommes en mode panique et en plus nous sommes totalement hystériques. La preuve en est le rebond de vendredi dernier à New York. Si le marché était un être humain, ça ferait longtemps qu’on l’aurait enfermé. Certainement dans une pièce capitonnée dans une camisole de force et qu’on le nourrirait de Xanax en intraveineuses et en lui tartinant le visage de crème au Lexomil.

Ce qu’il faudra néanmoins retenir c’est que nous sommes entrés dans un Bear Market – ce dernier étant défini comme tel parce qu’il a baissé de plus de 20% depuis les plus hauts.

Le marché US

Les marchés US s’en sortent mieux, mais ça ne devrait pas tarder à s’arrêter puisque depuis ce matin c’est la bérézina sur les indices américains parce que la FED a agi durant la nuit.

On sentait bien qu’elle devait faire quelque chose, mais on pensait quand même que Powell attendrait jusqu’au meeting agendé pour ce mardi – surtout qu’ils sont moins de 50 personnes et qu’ils ont donc le droit de se réunir.

Mais non…

La FED a donc baissé les taux hier soir. Un dimanche soir alors que tout le monde était au balcon en train d’applaudir le personnel médical. Powell a décidé de mettre les taux à zéro et de RELANCER le QE pour 700 milliards, juste pour voir.

Mauvaise nouvelle…

Lui qui voulait y aller « doucement », il vient de couper les taux de 1.75% en l’espace de 3 semaines. En temps normal, la nouvelle aurait littéralement fait exploser le marché à la hausse. Mais justement – et c’est là que ça devient complètement débile. Dans l’environnement où nous sommes, le marché et les experts voient ça comme une « mauvaise nouvelle » parce que ça a le goût de la panique, ça a la consistance de la panique et ça a l’odeur de la panique. Donc logiquement, c’est de la PANIQUE.

La peur est donc à nouveau parmi nous. Parce que l’on se rend bien compte que les gouvernements ne savent plus comment s’en sortir. Déjà que la plupart des pays « occidentaux » ne parviennent pas à endiguer la crise du Coronavirus au niveau sanitaire. Mais aussi parce que nos gouvernements ne sont pas aussi doués que les Chinois pour ordonner le confinement. De plus on se rend compte que les banques centrales n’ont plus rien. Plus de munition pour soutenir les marchés comme ils l’ont fait depuis 10 ans. Et ce qui fait peur c’est aussi que les banques sont à la limite de la rupture. Et que sans le soutien des banques centrales, si toutes les entreprises qui ont des lignes de crédit commencent à flancher, cela pourrait rapidement dégénérer.

Les 3 drames

Vous l’aurez compris, le drame qui nous occupe se décline en trois tableaux :

  1. La crise sanitaire, le confinement et la peur de la pandémie mondiale.
  2. Ensuite, la crise boursière en elle-même et notre incapacité à prédire ce que sera l’économie demain ou dans 3 mois. (Et je ne vous parle même pas de dans 12 mois)
  3. Mais aussi, le fait que les banques centrales paniquent presque plus que les investisseurs.

Nous avons réellement besoin de nous calmer. De revenir à la réalité et peut-être même de fermer les places boursières pour retrouver un peu de sérénité. Je reste définitivement convaincu que l’on sortira de cette ornière. Mais dans l’ambiance actuelle, ouvrir les bourses mondiales et vouloir absolument traiter pour traiter ne fait aucune sens.

Quand le marché devient irrationnel, il vaut mieux prendre ses distances. Ou alors se contenter de n’acheter que les actions en lesquelles nous avons et nous aurons toujours confiance. Il faut faire le dos rond et attendre que ça passe.

Parce que ça passera.

Graphique du S&P500 et de la VIX

Vu que je pense sincèrement qu’il faut prendre du temps pour la réflexion, je nous suggère d’observer les deux graphiques ci-dessus. Sur le graphique du haut, vous avez le S&P500 et sur celui du bas, nous avons la VIX, la volatilité.

Prenez juste le temps d’observer les extrêmes dans les deux sens et vous verrez que nous ne sommes pas très loin de l’irrationnalité. Cependant n’oublions jamais qu’à circonstances exceptionnelles, marché à comportement exceptionnel.

Prenez soin de vous et on se retrouve la semaine prochaine, histoire de voir si on y voit plus clair. Entre deux, cela ne fait vraiment pas de sens de mettre les mains dans le cambouis. La meilleure chose qu’il y ait à faire, c’est de se reposer au calme, d’obéir aux instructions et d’attendre que ça passe.

Plus vite ce virus sera sous contrôle, plus vite le marché et l’économie reprendra ses droits.

Très bonne semaine à tous.

Date : 16 mars 2020

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